09 octobre 2011
DRIVE

18/20
De Nicolas Winding Refn
Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Albert Brooks, Oscar Isaac…
Durée : 1h40
Sortie : 5 octobre 2011
Histoire de mafia, de braquages, de course-poursuite, avec une touche d’amour : certes le scénario peut avoir des allures de déjà-vu sur le papier, mais il en est autrement. Dans une ambiance continuellement inquiétante, le réalisateur sait maintenir la pression à la perfection, en maîtrisant sa direction d’acteurs : calmes en apparence, ils sont terriblement violents (mention spéciale à Ryan Gosling, dont la gueule d’ange (déchu) cache de réelles pulsions meurtrières).
Mais, en plus d’une belle bande-son tendance retro, c’est surtout la mise en scène qui nous transporte. Primée au dernier festival de Cannes (et bien méritée), elle respire le raffinement. Basée sur la lenteur, elle intègre des plans fixes d’images crues et des travellings latéraux presque ralentis pour faire monter la tension. Habituellement dans ce genre de films, la caméra bouge dans tous les sens pour retranscrire le chaos des scènes d’action. Mais ici, le réalisateur semble se délecter de ce qu’il filme.
Ainsi, chaque coup mortel, chaque étreinte, chaque réplique a un effet émotionnel démultiplié. Une bonne formule qui fait monter l’adrénaline, tout en nous mettant mal à l’aise, et qui atteint son sommet dans un festival de violence inattendue en dernière partie. A noter au passage l’inventivité des scènes gores de ce thriller : coups de couteau, de fourchette dans l’œil, de marteau sur la main, de rasoir dans le bras ou encore de fusil d’assaut en pleine tête… Images violentes, curieusement esthétiques.
Drive in !
18 septembre 2011
CRAZY, STUPID, LOVE

15/20
De John Requa et Glenn Ficarra
Avec Steve Carell, Ryan Gosling, Julianne Moore, Emma Stone, Analeigh Tipton, Marisa Tomei, Kevin Bacon...
Durée : 1h58
Sortie : 14 septembre 2011
Cal Weaver vient de se faire larguer par sa femme, qui l’a trompé. Alors qu’il noie son chagrin dans un bar, Jacob, expert en séduction, va l’aider à remonter la pente. En parallèle, le fils de Cal est amoureux de sa baby-sitter, elle-même amoureuse de Cal ! Un joyeux bordel qui ne s’arrête pas là… Après I love you Phillip Morris, John Requa et Glenn Ficarra rempilent avec une comédie romantique douce-amère, où humour et gravité font bon ménage tout en évitant les clichés.
Malgré un scénario assez conventionnel, les surprises et les répliques bien travaillées (« ton corps a été photoshopé »…) ne manquent pas. Les réalisateurs mettent en scène un méli-mélo de relations, garantissant ainsi quiproquos et comique de situations. Rires garantis. Et même si certains personnages ne sont pas assez développés, les différentes énergies du casting (les calmes, les agités et les faux-calmes) déclenchent un feu d’artifice émotionnel plutôt réussi.
L’Amour dans tous ses états.
LA PIEL QUE HABITO

15/20
De Pedro Almodovar
Avec Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes, Jan Cornet, Roberto Alamo…
Durée : 1h57
Sortie : 17 août 2011
Pas de scènes de sang directes, relativement peu de violence frontale, Almodovar semble ici être dans la retenue : il préfère les mots aux images, mais sa maîtrise du hors-champ renforce d’autant l’atrocité de la situation. En revanche, il se retient moins quand il filme les nombreuses scènes de sexe. Si son acteur fétiche joue les Frankenstein, lui incarne le Dexter de la réalisation : ses cadrages sont précis, l’environnement est soigné (mélange de moderne et de tradition) et l’histoire est prenante.
Techniquement, les rouages de la mise en scène sont bien huilés : des portes s’ouvrent et se ferment, Antonio Banderas apparaît mûr, flegmatique, sûr de lui et nous présente sa proie qu’il garde enfermée dans une pièce de sa maison. Dès le début, l’atmosphère est étouffante. Puis le ton monte crescendo, jusqu’à une révélation fracassante qui lance un nouveau rythme, pour aboutir à un final émouvant. Palpitant, malgré une cadence assez lente, qui accentue davantage la cruauté de l’histoire.
La mémoire dans la peau.
DESTINATION FINALE 5

11/20
De Steven Quale
Avec Nicholas D’agosto, Emma Bell, Miles Fisher, Ellen Wroe, Tony Todd…
Durée : 1h32
Sortie : 31 août 2011
Destination finale, suite et fin ? Pour ceux qui ne connaissent pas le principe de la saga : après avoir rêvé d’un accident imminent, un étudiant convainc son entourage de fuir. Quelques minutes plus tard, l’accident a lieu, et les survivants crient victoire. Mais ça serait trop facile. Car la Mort a un plan redoutable : chacun va mourir dans l’ordre exact dans lequel il aurait dû périr dans l’accident initialement prévu. Tordu ? Non, fataliste.
Dans ce cinquième épisode, c’est un pont qui s’écroule de façon spectaculaire. A peine de le temps de reprendre son souffle, que les premières scènes gores arrivent au galop. Encore plus que d’habitude, les scènes-clés sont filmées avec second degré : les effusions de sang et autres entrailles sont grossières, sans être trop réalistes, comme par dérision du genre. Ringard sans l’être.
Car c’est plus dans l’originalité des morts, si l’on peut dire, que le film a un intérêt. Et dans ce volet, la Faucheuse a des plans encore plus sadiques (scène du gymnase qui joue avec nos nerfs), tout en jouant sur la corde sensible (clou dans le pied, laser dans l’œil…). Une surenchère avec des scènes originales, mais qui semble bâclée. Impression confirmée par la performance aussi médiocre que le doublage des acteurs de série B.
Destination fatale.
22 août 2011
MES MEILLEURES AMIES

14/20
De Paul Feig
Avec Kristen Wiig, Rose Byrne, Maya Rudolph, Melissa McCarthy, Ellie Kemper…
Durée : 2h05
Sortie : 10 août 2011
Prenons Bridget Jones. Rajoutons-lui une dose d’impertinence et de sexe façon Sex and the city et demandons-lui d’organiser l’enterrement de vie de jeune fille de sa meilleure amie. On obtiendra alors une sorte de « Bad trip and the city », reposant sur un mélange de glamour et de trash, de confidences et de coups bas, de courtoisies et de vulgarités. Avec ce potentiel, la relève des Desperate Housewives semble assurée !
Réalisateur de séries telles que Nurse Jackie et Weeds, Peter Feig est habitué à manier l’humour à différents degrés : si l’histoire de cette charmante comédie est un peu surfaite, les rires sont garantis et certaines scènes, tantôt émouvantes tantôt crues, sont déjà cultes (essayage de robes après intoxication alimentaire ; cuite dans un avion). Côté interprétation, même si les acteurs manquent d’un soupçon de spontanéité, leurs personnages sont creusés et attachants.
Beautés empoisonnées.
15 août 2011
SUPER 8

15/20
De J.J. Abrams
Avec Kyle Chandler, Joel Courtney, Elle Fanning, Riley Griffiths, Ryan Lee, Gabriel Basso…
Durée : 1h50
Sortie : 3 août 2011
Les Fratellis ne font pas partie du casting, mais les Goonies ne sont pourtant pas bien loin. Une bande de gosses, des BMX, une petite ville américaine et un mystère – les ingrédients de base signés Steven Spielberg (ici producteur) sont mis en scène avec un style retro par un maître du suspens et du mystère, J.J. Abrams. Un cocktail arrosé de sauce hollywoodienne qui promet émotions, suspens et divertissement.
Au début, on est face à un film de gosses apprentis cinéastes, réalisant un film de zombies. Puis le déraillement d’un train près duquel ils tournent va faire monter crescendo l’intensité de l’histoire : l’introduction d’un élément plus adulte et mystérieux, façon Lost (J.J. Abrams oblige), nous plonge alors dans un mélange de Goonies et de La guerre des mondes.
Sur la forme, outre une belle mise en abîme (film de zombies habilement intégré dans l’histoire), le film est imbibé de nostalgie un peu surfaite. La lune, la lumière, la musique : tout fait référence au Spielberg des années 1980. Les enfants n’en sont pas moins touchants et performants. Sur le fonds, le script développe deux univers : alors que l’adulte (militaire, shérif) paraît sérieux, l’enfant semble naïf mais futé, tel Peter Pan dans un univers parallèle.
Grand 8 onirique.
02 août 2011
BAD TEACHER

11/20
De Jake Kasdan
Avec Cameron Diaz, Justin Timberlake, Lucy Punch, Jason Segel, Phyllis Smith, John Michael Higgins…
Durée : 1h33
Sortie : 27 juillet 2011
Le Diable s’habille en Prada ; il enseigne aussi. Du haut de ses talons aiguilles, Elizabeth est une prof qui méprise ses élèves et ses collègues. Car elle ne pense qu’à une chose : amasser de l’argent par tous les moyens pour gonfler sa poitrine et ainsi séduire un jeune prof fraîchement débarqué (Justin Timberlake). Mais c’est sans compter sur Amy, également sur le coup. Telles deux lionnes ennemies, les deux profs vont se livrer une gueguerre sans récré.
Cameron Diaz incarne un personnage sans morale, prêt à tout pour atteindre son objectif. Cela passe par détourner les bénéfices du lavage de voitures, donner des cours de soutien (à contrecœur), empoisonner sa rivale… Si le match rousse contre blonde s’annonce piquant, les gags mis en scène s’avèrent certes drôles, mais sont malheureusement trop souvent amortis par une chute grasse et lourde. Une comédie simple moins travaillée et moins bien jouée que Mary à tout prix.
Dissertation bâclée.
25 juillet 2011
HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT - PARTIE 2

16/20
De David Yates
Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Ralph Fiennes, Michael Gambon, Alan Rickman, Helena Bonham Carter, Maggie Smith…
Durée : 2h10
Sortie : 13 juillet 2011
HP7.2 n’est pas un nouveau modèle d’imprimante, mais bien la nouvelle cartouche de David Yates. Pour la quatrième fois, il met en scène la bande d’ados magiciens dans un ultime épisode sombre et bien rythmé. Un bouquet final à grand renfort d’effets spéciaux, réussis pour certains (vues aériennes ; dragon albinos), mais surfaits pour d’autres (vol en balais dans la salle sur demande).
La 3D n’étant pas franchement utile, c’est surtout le jeu des acteurs qui crée l’intérêt : Harry, le garçon timide du début a gagné en assurance, Hermione a enfin suivi des cours d’actrice, Ron reste fidèle à lui-même en courageux froussard, Minerva McGonagall se rebelle, tandis que Severus Rogue dévoile ses véritables intentions. Tous avec un visage serré, ils contribuent à l’ambiance noire et sérieuse annonçant la bataille finale.
D’ailleurs, pour un final, l’affrontement entre Voldemort et Harry Potter ne s’éternise pas vraiment. Sans compter quelques rebondissements (prévisibles), la tension est palpable mais jamais à son comble. Heureusement, cette dernière partie est beaucoup moins ennuyante que la première : elle livre ses dernières révélations et met un terme à tout ce qui traîne depuis longtemps (Harry affronte Voldemort ; Ron et Hermione s’embrassent enfin).
Dernier coup de balais.
25 juin 2011
PIRATES DES CARAIBES 4 - LA FONTAINE DE JOUVENCE

14/20
De Rob Marshall
Avec Johnny Depp, Penelope Cruz, Geoffrey Rush, Ian McShane, Astrid Berges-Frisbey, Sam Clafin, Judi Dench…
Durée : 2h20
Sortie : 18 mai 2011
On prend (presque) les mêmes et on recommence. Si Orlando Bloom et Keira Knightley sont partis du casting, c’est au tour de Sam Clafin et d’Astrid Berges-Frisbey de veiller au glamour. Et ils s’en sortent bien. Il en va de même pour Penelope Cruz, qui apporte un souffle de fraîcheur à l’histoire. Quant à Johnny Depp, valeur sûre, il continue d’incarner le pirate pitre, dont les mimiques allègent l’ambiance globalement sombre.
Si l’histoire est plus simple que le précédent épisode, elle navigue dans les mêmes eaux que le tout premier opus : une chasse au trésor dans de beaux décors, parsemée de batailles de pirates, sans coups de canon, mais avec beaucoup (trop) de scènes de coups d’épée. Idem pour la bande son, certes réussie, qui reprend le thème de base et l’arrange avec de nouveaux instruments et quelques nouvelles notes. Peu innovant.
Copié-coulé.
27 mai 2011
LA DEFENSE LINCOLN

15/20
De Brad Furman
Avec Matthew McConaughey, Marisa Tomei, Ryan Phillippe, Josh Lucas…
Durée : 1h58
Sortie : 25 mai 2011
Dans le système judiciaire américain, il suffit de savoir graisser la patte à la bonne personne pour arriver à ses fins. Voilà ce que dénonce ce thriller, dans lequel on apprend que les billets verts servent à manipuler des preuves, choisir un ordre de passage au tribunal, convaincre des personnes de venir témoigner… Un système corrompu de marionnettes dont les fils s’emmêlent et brouillent les pistes. De quoi faire douter de la vérité.
Sur la forme, les cadrages serrés créent une proximité avec les personnages et les couleurs légèrement ternies accentuent la gravité du thème et la justice pas très transparente. De leur côté, Matthew McConaughey est très convaincant en avocat charmeur et Ryan Philippe, en criminel manipulateur, fait clin d’œil à son rôle de Sexe intentions. Si leur rapport de force manque d’intensité, il reste néanmoins efficace.
L’avocat du diable.
