Cinécritik

Critiques et notation de films

01 mai 2008

SANS ARME, NI HAINE, NI VIOLENCE

Sans_arme__ni_haine__ni_violence___16

16/20


De
Jean-Paul Rouve
Avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Gilles Lelouche, Maxime Leroux, Patrick Bosso, Anne Marivin, …
Scénario : Jean-Paul Rouve, Benoît Graffin
Musique : Alexandre Azaria
Production : Elia Films
Distribution : Mars distribution
Durée : 1h28
Sortie : 16 avril 2008


Brice n’est pas le premier à avoir cassé à Nice : avant lui, Albert Spaggiari a organisé le casse du siècle. Un casse qui a bien payé, puisqu’avec ses complices, il a réussi à dérober plusieurs milliards de francs à la Société Générale en un week-end (Jérôme Kerviel n’est pas dans le coup). De quoi s’offrir de belles années en Amérique du Sud, après s’être évadé du bureau du juge d’instruction. Partagé entre la notoriété (il clame son méfait à qui veut l’entendre) et la peur d’être repéré (il se cache derrière de fausses barbes), il accorde une interview à Vincent, journaliste venu de France.

Quand il apprend qu’il sera en couverture de Gala, Spaggiari fait une confiance aveugle au journaliste. Plus qu’une interview, la relation entre les deux hommes se transforme peu à peu en amitié. L’occasion de révéler le vrai visage de ce gentil truand : haut en couleurs mais plein de contradictions, vantard, sympathique, généreux et ne manquant pas d’humour, appréciant les palaces, les cigares et le champagne, alors qu’après 5 ans de cavale son portefeuille est vide. Rien à voir avec l’image d’un truand violent.

Sur le plan technique, les transitions entre les scènes sont très esthétiques et donnent une onctuosité à l’histoire. Les fondus entre le décor paradisiaque et les égouts font écho aux contradictions du personnage. Il en va de même pour les différents styles de musique (jazz, rythmes cubains, chanson française…) qui font le lien entre les scènes. Seules quelques séquences du casse, bien réparties, rappellent le coup de maître du gentleman cambrioleur.

En se concentrant davantage sur la personnalité de Spaggiari que sur son casse, Jean-Paul Rouve réussit à créer du suspens, même si la fin est connue de tous. Intéressant et original, son film est teinté d’humour et fait perdre au crime toute sa gravité. Il ne s’agit pas là d’un reportage sur le casse, ni d’une simple biographie. Raffinée et pleine de nuances, cette peinture présente le personnage dans son exubérance extérieure mais également dans sa détresse intérieure.

Arsène Spaggiari.


Posté par fabiendhondt à 15:00 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

très bien!

Le "très bien" constituant le titre de mon commentaire ne concerne pas le film (je ne l'ai pas vu) mais ta critique qui est bien écrite et plutôt marrante!
Ca me donne envie d'aller le voir tiens...

Posté par Olivier, 03 mai 2008 à 16:00

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